VITTORIO

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Vittorio Lodovico Fiorucci est né le 2 novembre 1932 à Zadar, une petite ville italienne de la côte dalmate aujourd’hui devenue croate. Tout jeune, Vittorio fuit Zadar et la guerre avec ses parents. La famille s’installe à Venise.

Sans diplôme ni formation professionnelle, Vittorio rêve de grands espaces, de filles et d’aventures. Il pensait à l’Australie ou à la Nouvelle-Zélande. Ça sera le Canada. Jeune immigré, Vittorio arrive par hasard à Montréal. Il débarque presque en même temps que la Révolution tranquille. Il devient rapidement le témoin privilégié et l’artisan flamboyant d’une époque effervescente qui fait basculer le Québec de la grande noirceur à l’époque moderne.

L’artiste a vécu et a marqué ces décennies charnières de manière magistrale et colorée. À sa façon, il a donné le ton à Montréal et a laissé sa trace indélébile dans l’imaginaire collectif.

Au-delà du bonhomme vert de Juste pour rire, son plus célèbre personnage, Vittorio est lui-même une figure, un personnage, un caractère. Sa vie est riche de passions et de rencontres, de coups de gueule et de coups de cœur, d’images fortes et d’œuvres tout en nuances.

Vittorio a laissé un héritage graphique et artistique majeur. Il a aussi laissé des souvenirs ancrés dans la vie montréalaise et dans la réalité d’un Nouveau Monde en ébullition. Il a surtout laissé l’image d’un homme multiple qui a vécu mille vies.

Vittorio est un documentaire unique, dans tous les sens du terme. Unique parce qu’il n’y en a qu’un. Unique parce que Vittorio était unique et multiple en même temps. Unique parce qu’il va à la rencontre d’un homme sans commune mesure. Unique parce qu’il s’articule autour de l’ultime entrevue que l’artiste a donnée peu de temps avant sa mort pour l’émission Cabine C diffusée à ARTV. Unique enfin parce qu’il s’appuie sur une œuvre puissante et plus vivante que jamais.

Pour pénétrer au cœur de l’homme, il y a les mots vivants de Vittorio au micro de l’émission Cabine C. Et puis il y a toutes les images, les témoignages, les archives, les souvenirs, l’œuvre… Le matériel est riche, comme le personnage. Et les images sont fortes, comme sa vie.

Pour réaliser ce film, nous avons les œuvres de Vittorio — plus présentes que jamais ‒, nous avons accès au contenu de l’exposition que le Musée McCord a consacrée à l’artiste, aux archives de sa compagne, aux archives vidéo, à ses films d’animation et aux archives de son entourage. Nous allons tourner des entrevues avec les gens qui l’ont côtoyé. Nous aurons le témoignage des femmes de sa vie, de ses collègues, de ses amis…

Mais au-delà de la richesse de tout ce que Vittorio a laissé, il y a l’amitié sincère qui a lié l’artiste à Jean-Sébastien Ouellet, réalisateur et producteur du projet. Cette affection réciproque donne au film une dimension émotive qui dépasse un simple documentaire sur la vie et l’œuvre d’un artiste.






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